Où demeurent mes troubles

Dans le dernier post je vous ai promis que j’allais vous raconter un peu sur le problème que j’ai rencontré ici par rapport aux gens. À vrai dire, je n’ai parlé de ça qu’à une seule personne: une amie de l’école. Du coup, je m’excuse d’avance si ce que je vais écrire ici va provoquer n’importe quelle sorte de malaise chez le lecteur, mais ce sont mes pensées et mes troubles, ma vie et c’est tout.

Pour commencer, il faut que je vous raconte un peu sur mon passé, ma vie à l’école. En primaire et pendant les deux premières années du collège, j’étais une des personnes les plus extroverties parmis les gens; j’avais beaucoup d’amis et, même si j’avais déjà eu des petits soucis avec quelques personnes, ça ne revenait qu’à des malentendus pas graves.

Cependant, c’est en quatrième que tout a changé. C’est l’année où il n’y avait, dans ma classe, que deux personnes avec lesquelles j’étais vraiment proche, et les autres étaient des redoublants et des gens qui ne m’intéressaient pas trop. Le truc c’est que parmis les gens peu intéressants se trouvaient Daniel et ces amis (pour ceux qui ne savent pas qui est ce garçon, c’est mon premier copain), qu’avec le début de la relation entre lui et moi, sont devenu aussi mes amis. Puis, avec le passage des jours, la relation est devenue beaucoup plus intense et j’ai fini par passer tout mon temps avec Daniel, ses amis et mes deux amis de la classe: on était inséparables.

Pour que vous compreniez la vraie raison de mon isolement, il faut que vous sachiez que Daniel et ses amis étaient considérés comme les gens bizarres d’entre nous, juste parce qu’ils étaient otaku et parce qu’ils n’aimaient que les dessins animés et leurs soundtracks. Du coup, les autres personnes les méprisaient et c’est ainsi que je suis trouvée à l’écart (contre, même) de ces autres personnes.

Malheureusement, pendant le temps qui me restait au collège et au lycée, je suis restée comme ça, même après avoir rompu avec Daniel, parce que j’avais déjà beaucoup changé et maintenant, ma personalité, mes goûts et mon style vestimentaire étaient plus proches de ceux de les amis dits « bizarres », que ceux des gens normaux. Bon, je crois qu’il n’y a pas besoin de dire qu’en gros, j’ai pas vraiment eu une vie écolière très agréable. Ça a été la première fois de ma vie où je me suis rendue compte de la réalité: j’avais grandi dans la culture du rejet. 

Finalement, c’est quand je suis partie en France que j’ai connu ce que c’était la vraie liberté. J’ai connu des gens incroyables et j’ai fais des amitiés à vie. C’est comme ça que, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie réellement à l’aise dans un endroit. Là-bas, les personnes sont tellement occupées dans leurs propres affaires, qu’ils n’ont pas le temps ni l’envie de se mêler des affaires des autres. J’avoue qu’il doit y avoir certaines exceptions, mais elles sont si rares… En tout cas, j’ai jamais rencontré quelqu’un qui m’aurai semblé superficielle dans le moindre aspect. La vie est tellement différente que même la plupart des gens qui partent d’ici, changent leur mentalité aussitôt arrivés.

À Paris, avec mon frère et mes amis, j’ai enfin pu savoir qui je suis mais, depuis que je suis rentrée en Colombie, il paraîtrait que j’ai complètement perdu de vue cette personne. Avec tous les problèmes que j’ai eu dès mon arrivée, tant avec ma famille qu’avec moi-même, un grand vide s’est créé et j’ai perdu une grande partie de ce que j’étais.

Après, quand j’ai commencé l’école ici et que j’ai commencé à avoir des amis nettement colombiens, j’ai du faire ce que jusqu’à ce moment je m’avais promis ne jamais faire: vivre en fonction de l’image que je projète. Je vous assure (surtout pour ceux qui n’ont jamais du mener une vie pareille), que c’est ce qu’il y a de plus fatiguant à faire. On vit pas du tout tranquille et, avec le temps, on devient facilement irritable, et les crises d’angoisse deviennent très fréquentes.

Ici, les gens te jugent en fonction de ton apparence, tes goûts et ta façon de parler. La mode c’est ce qui détermine ce que l’on doit acheter ou pas. Ici, c’est plus important de ressembler aux autres et savoir comment faire partie du groupe, que de promouvoir un esprit cultivé  et une société éduquée. Ce qui est pire, les personnes qui sont différentes aux autres, sont obligées de se cacher sous le manteau d’homogénéité et attendre le jour où ils pourront enfin se montrer comme ils sont et dire ce qu’ils veulent.

Pour moi, vivre ici c’est vivre en faisant l’héloge des marques, du superficiel, du mensonge. Ici on ne vit pas pour soi-même mais pour les autres. On nous dit qu’on a le droit d’être libres au même temps qu’on nous donne les paramètres et les limites de cette liberté. Dès la jeunesse, on devient hypocrites par excellence mais on doit attendre que quelqu’un nous apprenne que c’est bien d’être nous mêmes. Ici, on dit qu’on a des amis même quand on sait qu’on peut pas leur faire confiance. On s’attend toujours à ce les gens nous trahissent et on fait semblant d’être surpris quand ils le font.

Franchement, je crois que ceux qui disent qu’on est une des cultures des plus chaleureuses, sont des gens qui ne savent pas vraiment les genre de poupées superficielles qui habitent ce pays. Je suis desolée si ça vous paraît que ce que je dis est trop exagéré, mais après avoir vécu vingt ans ici, je crois pas me tromper.

J’EN AI MARRE DE CES GENS.

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